Atelier de restauration

Atelier de restauration de meubles à Rolle en Suisse

Rolle Robert Brossy a créé un atelier de restauration de meubles et d’objets d’art en 1975. Son fils Frédéric œuvre à ses côtés.

Plantes et fleurs ornaient autrefois l’entier de la propriété de la famille Brossy, le long de la route. Normal pour un domaine horticole. Aujourd’hui, mobilier extérieur et œuvres d’art fleurissent au bord de la route. Robert Brossy a remplacé les végétaux paternels par des pièces moins éphémères – mais qui méritent tout autant de soins attentifs. «J’aime depuis toujours les choses anciennes», déclare-t-il.
En 1975, le Rollois ouvrait un atelier de restauration de meubles et d’objets d’art, après avoir effectué un apprentissage d’ébéniste, mais surtout après avoir appris son métier à Paris auprès de grands noms de la restauration de meubles anciens, tels que Bernard Baruch Steinitz. «Paris, c’est le centre du monde pour notre métier», déclare l’antiquaire et restaurateur.
Agé aujourd’hui de 72 ans, Robert Brossy ne semble toutefois pas prêt de décrocher. Et pourtant, la relève est assurée: il a su transmettre sa passion du métier à l’un de ses fils. Frédéric Brossy travaille, depuis un peu plus de six ans, avec son père. Après un apprentissage d’ébéniste, il suit un cursus au sein du très prestigieux Institut Saint-Luc, en Belgique, avant de peaufiner, à son tour, sa formation à Paris, auprès, notamment de Didier Aaron.
Outre de partager une même passion père et fils cultivent une même discrétion. L’antre des artisans-restaurateurs se situe dans l’arrière-cour de la propriété, bien à l’abri des regards indiscrets. Il faut dire qu’ils voient passer, entre leurs mains expertes, des objets rares et précieux.
Comme au XVIIIe siècle
L’atelier Brossy s’est en effet spécialisé dans la restauration de meubles et d’objets d’art de prestige, du XVIIe au XIXe siècle essentiellement, utilisant la technique de la marqueterie. Du haut de gamme sachant qu’à l’époque, la marqueterie consistait en un assemblage décoratif de pièces de bois précieux et/ou de véritable écaille de tortue, d’ivoire, de nacre, de corne, de cuivre ou de laiton appliqués sur un meuble ou un objet d’art. Sans compter les ornements en bronze parachevant les meubles, utilisant parfois également la technique de la dorure à la feuille d’or.
Un haut degré de sophistication qui suppose de la part des artisans d’aujourd’hui un savoir-faire respectueux des techniques ancestrales en ébénisterie et en marqueterie (lire encadré). Pour exemple, les quatre ébénistes rollois emploient des colles naturelles réversibles, les mêmes qu’utilisaient les artisans du XVIIIe siècle.
La pendule du Duc d’Orléans
Perpétuer un artisanat ancestral suppose également de faire montre d’une patience infinie associée à des gestes précis et très minutieux. Robert Brossy en veut pour preuve une restauration en cours. Le Rollois sort délicatement, une à une, les pièces d’une pendule. «Elle est unique au monde, elle a appartenu au Duc d’Orléans et date de 1830. C’est une manufacture d’horlogerie qui nous l’a confiée. Il nous a fallu environ 400 heures pour la restaurer», explique-t-il.
Dans les deux pièces qui font office à la fois d’entreposage et de halle d’exposition, on se croirait dans une véritable caverne d’Ali Baba, peuplée d’objets prestigieux, côtoyant des lampes de mosquée ou des tableaux japonais réalisés en marqueterie de paille – une technique que Frédéric Brossy maîtrise d’ailleurs également. Ici, l’on trouve un cabinet jasmin en marqueterie Louis XIV, datant du XVIIe siècle, restauré par l’atelier Brossy, là un cabinet et un coffret indo-portugais du XVIIe siècle, en cours de restauration.
L’atelier a une clientèle privée, relativement aisée, mais pas seulement. «L’ébéniste d’art est un métier difficile, nous avons la chance de nous être spécialisés. L’heure est davantage à la consommation qu’à la restauration», conclut Frédéric Brossy.

Des heures de travail pour une nouvelle vie
Si chaque restauration est évidemment un cas unique, on peut néanmoins en tirer les grandes lignes. Quel que soit l’objet en marqueterie à restaurer, meuble ou pendule par exemple, l’ébéniste restaurateur doit effectuer une première opération très délicate nommée «déposer la marqueterie», soit la décoller, sachant qu’elle fait à peine un millimètre d’épaisseur. En fonction de l’état de la marqueterie, l’artisan devra, outre la nettoyer, recréer les pièces manquantes. Un travail qui exige une infinie patience, certaines pièces à refaire mesurant moins de six millimètres. Soit les artisans retrouvent des dessins d’époque, soit ils s’inspirent de l’existant pour réaliser les motifs souvent très compliqués arabesques, entrelacs et volutes. Sur la base d’un chablon, les différentes pièces, en bois, en écaille de tortue, en laiton, en ivoirine… etc. sont découpées à l’aide d’une fine scie manuelle ou alors d’un scie mécanique. Puis les différentes pièces sont assemblées. «C’est comme un puzzle», explique Frédéric Brosy. Il se peut que l’artisan doive graver encore, à l’aide d’un burin, les ombrages ou les contrastes. Le bâti sera lui aussi nettoyé et rénové au besoin et les deux pièces remises à niveau avant de remonter le tout. Puis il s’agira encore de traiter le bois, une phase qui exige également énormément de patience, parfois plusieurs jours Le bois est poncé, rempli avec un mélange de pierre ponce et ?, puis verni au tampon avec une gomme laque naturelle préparée sur place, mélangée avec un peu d’alcool et une goutte d’huile de lin.
Conclusion ??

Restaurateur de génie
Robert Brossy

Un esthète passionné
Il est discret et imposant. Son goût des beaux meubles et sa connaissance: ahurissants. Et son monde, de tant de beautés, un peu autre sans doute. Originaire de Rolle, Robert Brossy, après un apprentissage d’ébé­niste, travaille à Paris dans les meilleurs ateliers de res­tauration. Il suit en même temps les cours Rachel Boyer à l’Ecole du Louvre, fréquente les musées, se documente inlassablement. Puis revient en Suisse. Métier de compagnons
C’est un atelier de restauration d’objets d’art comme on n’en trouve plus guère. La cour amoncelle de bel­les antiquités de jardin qui évoquent ces lieux ma­giques dont est peuplée l’enfance. Gloriettes, tonnel­les, fontaines, portails, vasques et bancs en vrac. Dans l’antre d’Ali Baba, les merveilles en silence attendent le coup du maître pour retrouver leurs splendeurs d’autrefois. C’est ici comme dans les meilleurs ateliers de Paris, parmi la clientèle figurent d’ailleurs nombre de collectionneurs français. Fondé en 197 5, l’atelier Brossy est spécialisé dans la restauration des meubles, sièges et objets d’art du XVIIe au XIXe. Il emploie des compagnons, exclusivement, issus des meilleurs ate­liers parisiens ou bien que Robert Brossy a lui-même formés – il ne faut pas moins de dix ans de travail assidu pour être à la hauteur des restaurations sophis­tiquées qui sont réalisées ici! – . Les savoir-faire requis sont exigeants pour des techniques traditionnelles qu’il faut pouvoir parfaitement maîtriser – vernis au tampon, marqueterie Boulle, écaille et ivoire, art de la mise en couleurs des bois, restitution des teintes anciennes – le métier ne s’improvise guère tandis qu’il bénéficie aujourd’hui des avancées scientifiques dans la dépose des marqueteries. Une éthique du respect
Se basant sur une parfaite connaissance de l’histoire technique et esthétique de l’ébénisterie, l’atelier s’atta­che à la restauration respectueuse des meubles et ob­jets d’art, en conservant leurs caractéristiques d’ori­gine et en obéissant à la règle d’or de toute restaura­tion: la réversibilité. Pour ce faire, on utilise des colles entièrement naturelles, végétales ou animales. Rôle de conseiller
C’est grâce à cette éthique que l’Atelier Brossy tra­vaille régulièrement pour des musées et une clientèle privée qui souhaitent conserver certains meubles his­toriques sans les dénaturer. Depuis plus de trente ans, l’atelier s’est enrichi en savoir-faire et en expérience. A l’écoute de ses clients, et sachant que chaque restaura­tion est un cas particulier, il a pu développer son rôle de conseiller en proposant différents degrés d’inter­vention, tandis qu’il est également acquéreur.
Restaurations durables
En réalité, si la qualité d’une restauration apparaît au premier coup d’oeil, lorsque le meuble sort de l’atelier, ce n’est qu’au fil des années que la restauration fera ses preuves: ici, on accorde une extrême importance à cette notion en travaillant à des restaurations dura­bles. Un meuble subit en effet d’inévitables dégrada­tions naturelles: décoloration due aux rayons du soleil et de la lune, vernis opacifié par l’humidité, placage décollé ou jeu des assemblages en fonction des variations de température. Ebène, nacre, galuchat …
De la marqueterie Boulle aux meubles Empire en aca­jou, en passant par les objets en ébène, nacre, galuchat (peau de requin), écaille et ivoire, l’atelier maîtrise un éventail extraordinairement large de techniques, de styles et de matériaux. Du grand oeuvre. Brossy Robert, route de Genève 12, 1180 Rolle,
tél. 021 825 26 07, fax 021 825 26 96.

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Restauration de la pendule Duc D’Orléans

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